Actions de l’IA : interpréter les fluctuations des marchés
Rédigé par L'équipe Investisseur Inspiré
Publié le 20 février 2026
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Il semble ne pas se passer un jour sans que les investisseurs ne parlent d’intelligence artificielle (IA). Qu’il s’agisse de l’une des grandes sociétés technologiques qui révèle avoir dépensé des milliards de dollars dans l’IA, de l’annonce d’une nouvelle activité entre les opérations d’IA, de la fluctuation des cours boursiers ou des gens qui se demandent où tout cela va précisément nous conduire, même les investisseurs les plus avisés ont bien du mal à s’y retrouver.
Alors, que se passe-t-il exactement dans le secteur de l’IA et comment les investisseurs peuvent-ils interpréter tout ceci? Voici ce que vous devez savoir.
Que s’est-il passé avec les actions de l’IA?
Les marchés ont généralement réagi de façon assez optimiste aux progrès de l’IA : les sociétés de premier plan ont vu les actions bondir, car elles ont augmenté leurs dépenses pour développer la technologie. Les investissements dans les centres de données, qui fournissent la puissance de calcul considérable nécessaire pour exploiter ces solutions, se sont chiffrés à eux seuls en milliards de dollars, et près de 7 000 milliards de dollars américains devraient être consacrés à la construction d’infrastructures d’IA d’ici 20301. Toutefois, comme les cours boursiers ne cessent de grimper, certains se demandent si l’IA n’est pas une bulle sur le point d’éclater.
Dernièrement, les actions de certaines grandes sociétés technologiques, comme Amazon, Meta et Alphabet, ont été durement touchées par les plans d’augmentation des dépenses en immobilisations liées à l’IA. Lors de la période de publication des résultats la plus récente, Amazon a annoncé qu’elle prévoit dépenser 200 milliards de dollars américains dans les centres de données cette année, soit 50 milliards de dollars de plus que ce à quoi s’attendaient les analystes. Son action a chuté de près de 16 % au cours de la semaine suivante2. À la fin de janvier, Meta a indiqué qu’elle augmenterait de 73 % ses dépenses en immobilisations liées à l’IA en 2026, pour atteindre entre 115 et 135 milliards de dollars américains3. Le cours de son action a chuté de 9 % au cours des quatre jours de bourse suivants4. Alphabet a révélé qu’elle pourrait doubler ses dépenses, et le cours de son action a chuté de 7 %5.
Les craintes des investisseurs sont-elles exagérées?
L’une des raisons pouvant expliquer la chute des cours boursiers à la suite de ces annonces est que les investisseurs pourraient se demander si les importantes dépenses engagées dans l’IA seront rentables et justifient l’investissement. Ce qui est certain, c’est que de plus en plus de sociétés adoptent l’IA, ce qui signifie que la demande augmente. Les recherches de McKinsey indiquent que l’adoption de l’IA est en hausse à l’échelle mondiale, 88 % des organisations utilisant l’IA dans au moins une fonction commerciale à la fin de 20256.
Selon un rapport de la société de recherche Cognizant, publié dans le cadre de la réunion annuelle du Forum économique mondial de janvier, l’IA pourrait s’attaquer à des tâches équivalentes à 4 500 milliards de dollars américains rien qu’aux États-Unis7. De plus, une étude réalisée par l’Institut Vecteur en novembre a révélé que cette technologie a déjà eu des répercussions économiques de l’ordre de 100 milliards de dollars à travers le Canada. L’étude prévoit, au cours de la prochaine décennie, une croissance économique de 298 milliards de dollars grâce à l’IA et la création de plus de 40 000 emplois par an8.
Qu’en est-il des opérations circulaires?
L’un des traits caractéristiques du boom de l’IA qui suscite des craintes supplémentaires a été les « opérations circulaires », c’est-à-dire les ententes entre deux sociétés ou plus dans le cadre desquelles les fonds circulent. Dans le cas de l’IA, certains géants technologiques financent des entreprises en démarrage, qui utilisent ensuite ce capital pour faire l’acquisition des produits et des services de ces mêmes sociétés technologiques9. L’une des craintes est l’interdépendance des sociétés en raison de ces dépenses circulaires, ce qui pourrait entraîner des pertes importantes et en cascade si la demande de technologie est inférieure aux niveaux prévus10.
Ces types d’opérations ont marqué la bulle technologique de la fin des années 1990, lorsque des sociétés aux faibles revenus ont entrepris une expansion dynamique. Webvan, une entreprise de livraison de produits d’épicerie en ligne, a été l’incarnation de cette approche en déclarant faillite en 2001, après trois années de dépenses élevées en infrastructures et de revenus négligeables11.
Toutefois, certains analystes ne se préoccupent pas tellement de l’IA, car la demande est réelle et augmente parallèlement à la croissance des revenus, ce qui laisse entrevoir un fondement plus solide.
L’IA est-elle une bulle?
L’une des grandes questions entourant l’IA demeure : s’agit-il d’une bulle, ce qui signifie que la hausse rapide des cours boursiers dépasse de loin la valeur intrinsèque de la société?
Les bulles sont habituellement alimentées par l’émotion et la spéculation plutôt que par les données fondamentales, et elles mènent un effondrement. C’est pourquoi la question se pose chaque fois que les dépenses dépassent les attentes des analystes, que la nouvelle version d’un logiciel n’est pas à la hauteur de l’engouement suscité ou que les gens commencent à remettre en question les avantages à long terme de l’IA.
Des voix notables, comme le fondateur et ancien chef de la direction d’Amazon, Jeff Bezos, ont affirmé que l’IA est une forme de bulle. Il a tenu ces propos lors de la semaine « Italian Tech Week » qui a eu lieu à Turin, en Italie, l’automne dernier. Lors de la même conférence, toutefois, il a souligné qu’une bulle potentielle ne change rien au fait que l’IA est « réelle » et qu’elle apportera d’« énormes » avantages à la société12.
L’enthousiasme suscité par l’IA a souvent été comparé à la bulle point-com de la fin des années 1990 et du début des années 2000 – lorsque les actions d’Internet ont rapidement gagné en popularité, pour ensuite s’effondrer – mais il y a toutefois de grandes différences. La plus importante : le boom de l’IA est en grande partie attribuable aux sept magnifiques, un groupe de sociétés technologiques américaines très performantes et dominantes sur le marché qui présentent des flux de trésorerie importants et bien établis et de solides bilans, tandis que l’engouement pour les technologies de la bulle point-com était principalement attribuable aux entreprises en démarrage spéculatives qui généraient peu ou pas de revenus13.
« Il s’agit des plus grandes sociétés du monde avec des revenus, des bénéfices et des flux de trésorerie bien réels. Ce sont elles qui sont les principaux moteurs de tout cela, du moins pour l’instant », a déclaré Marcello Montanari, premier directeur général et premier gestionnaire de portefeuille, Actions nord-américaines, à RBC, l’automne dernier dans une entrevue. « Cela contraste avec la bulle des années 2000, pour laquelle de nombreuses sociétés nouvelles étaient financées par le marché, mais n’avaient pas d’activités autofinancées. »
Qu’est-ce que tout cela signifie pour les investisseurs?
Il est difficile pour quiconque de prédire ce qui va se produire, quel secteur sera le plus touché par la prochaine débâcle du marché ou si les craintes des investisseurs finiront par s’apaiser.
Comme en cas de perturbations du marché, les investisseurs doivent faire preuve de rigueur. En surmontant le tumulte et en vous rappelant que les turbulences sur les marchés ne sont pas inhabituelles, vous devriez parvenir à vous concentrer sur vos besoins personnels, vos objectifs et votre horizon de placement.
- McKinsey & Company, “The cost of compute: A $7 trillion race to scale data centers" (en anglais seulement), « Le coût du calcul informatique : une course de 7 billions de dollars pour accroitre les centres de données » (traduction libre), avril 2025
- Forbes, “Amazon Stock Slump: Is This A Crash Or A Buy Opportunity?” (en anglais seulement), « Chute de l’action Amazon : s’agit-il d’un krach ou d’une opportunité d’achat? » (traduction libre), février 2026
- The Globe and Mail, “Meta forecasts sharp increase to capital expenditures as it builds AI infrastructure” (en anglais seulement), « Meta prévoit une forte augmentation des dépenses immobilisées à mesure qu’elle construit des infrastructures d’IA » (traduction libre), janvier 2026
- Google Finance, « NASDAQ : META », consulté en février 2026
- The Financial Post, “Alphabet to blow past investor expectations for AI spending” (en anglais seulement), « Alphabet va dépasser les attentes des investisseurs en matière de dépenses liées IA » (traduction libre), février 2026
- McKinsey and Company, “The state of AI in 2025: Agents, innovation, and transformation” (en anglais seulement), « L’état de l’IA en 2025 : agents, innovation et transformation » (traduction libre), novembre 2025
- Forum économique mondial, “Talk of an AI bubble is overblown. AI can already perform tasks worth $4.5 trillion” (en anglais seulement), « La conversation sur une bulle d’IA est exagérée. L’IA peut déjà effectuer des tâches d’une valeur de 4,5 billions de dollars » (traduction libre), janvier 2026
- Institut Vecteur, « Une nouvelle étude révèle l’impact économique de 100 milliards de dollars de l’IA à travers le Canada, avec l’Ontario en tête », novembre 2025
- Morningstar, “What Are Circular AI Chip Deals, and Should Investors Be Worried?” (en anglais seulement), « Que sont les transactions circulaires de puces d’IA et les investisseurs devraient-ils s’inquiéter? » (traduction libre), octobre 2025
- Bloomberg, “A Guide to the Circular Deals Underpinning the AI Boom” (en anglais seulement), « Un guide des transactions circulaires qui fondent le boom de l’IA » (traduction libre), janvier 2026
- Harvard Business School, “Why E-Trade Did Die with the Fall of Webvan” (en anglais seulement), « Pourquoi le commerce électronique est mort avec la chute de Webvan » (traduction libre), septembre 2001
- CNBC, “Jeff Bezos says AI is in an industrial bubble but society will get ‘gigantic’ benefits from the tech” (en anglais seulement), « Jeff Bezos dit que l’IA est dans une bulle industrielle, mais que la société tirera des avantages gigantesques de la technologie » (traduction libre), octobre 2025
- BlackRock, “Are we in a bubble? The AI boom in context” (en anglais seulement), « Sommes-nous dans une bulle? Le boom de l’IA dans son contexte » (traduction libre), novembre 2025
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